Signaler via cartemoustiquetigre.fr — guide pas à pas
13 mai 2026
Vous venez de vous faire piquer en plein jour dans votre jardin par un petit moustique rayé noir et blanc ? Vous avez peut-être affaire au moustique tigre, Aedes albopictus. Depuis plusieurs années, cette espèce colonise progressivement la France : au 1er janvier 2026, elle était présente dans 83 des 96 départements métropolitains, selon l'ANSES. Son suivi repose en grande partie sur la participation citoyenne, et chaque signalement compte vraiment.
La plateforme cartemoustiquetigre.fr vous permet de signaler une observation en quelques minutes, directement depuis votre téléphone ou votre ordinateur. Ces données alimentent une cartographie en temps réel qui aide les équipes scientifiques, les agences régionales de santé et les services de démoustication à cibler leurs interventions.
Ce guide vous explique pas à pas comment effectuer un signalement efficace : comment identifier le moustique tigre, comment prendre une photo exploitable, quelles informations renseigner et ce qu'il advient de votre contribution une fois envoyée.
Pourquoi signaler le moustique tigre ?
Le moustique tigre n'est pas un simple insecte gênant. Femelle compris, il est vecteur potentiel de la dengue, du chikungunya et du virus Zika. En 2024, Santé publique France a recensé 83 cas de dengue autochtone en France métropolitaine, dans des zones où Aedes albopictus est bien établi. Ces chiffres, encore modestes par rapport aux pays tropicaux, soulignent l'importance d'une surveillance active.
La surveillance de l'espèce repose sur deux sources complémentaires : les pièges à moustiques placés par les professionnels, et les signalements citoyens. Ces derniers sont particulièrement précieux en périphérie des zones colonisées, là où le moustique tigre commence tout juste à s'installer et où les pièges professionnels sont moins denses. Un signalement dans une commune encore indemne peut déclencher une investigation rapide et une réponse précoce.
En participant, vous devenez un observateur de terrain précieux pour les entomologistes et les épidémiologistes qui cartographient l'avancée du front de colonisation. Pour en savoir plus sur la situation nationale, consultez la page d'information générale sur le moustique tigre en France.
Étape 1 : identifier le moustique tigre avant de signaler
Un signalement n'a de valeur que s'il concerne bien Aedes albopictus. Avant de saisir quoi que ce soit, prenez le temps d'observer attentivement l'insecte.
Les critères distinctifs du moustique tigre
Le moustique tigre se distingue par trois caractéristiques visuelles fiables :
- Taille réduite : il mesure environ 5 mm, soit moins qu'une pièce de 1 centime d'euro. Il est nettement plus petit que le moustique commun.
- Rayures noir et blanc : son corps et ses pattes sont ornés de bandes alternées blanc brillant et noir mat. Attention, ce n'est pas jaune et noir mais bien blanc (parfois argenté) et noir. Une ligne blanche longitudinale court sur le dessus de son thorax, ce qui est très caractéristique.
- Activité diurne : il pique de jour, avec des pics tôt le matin et en fin d'après-midi. Si vous êtes piqué la nuit, il s'agit probablement d'un moustique commun.
Le moustique commun (Culex pipiens), souvent confondu, est lui brun-beige uniforme, plus grand, et actif uniquement au crépuscule et la nuit. Il ne présente pas de rayures blanches visibles.
En cas de doute
Si vous n'êtes pas certain de l'identification, conservez l'insecte dans un flacon fermé ou prenez plusieurs photos sous différents angles. La plateforme de signalement dispose d'un questionnaire d'aide à l'identification qui vous guidera avant validation.
Étape 2 : prendre une photo exploitable
Une photo est indispensable pour que votre signalement soit validé par un expert entomologiste. Sans photo (ou sans spécimen envoyé par voie postale à votre opérateur de démoustication départemental), le signalement ne peut pas être pris en compte dans les données scientifiques.
Conseils pour une bonne photo
- Photographiez uniquement le moustique, pas la piqûre, pas une image tirée d'internet.
- Essayez de cadrer sur l'insecte posé sur une surface plane : un mur blanc, une feuille, le dos de la main.
- Utilisez la fonction macro de votre téléphone et rapprochez-vous au maximum.
- Privilégiez une bonne lumière naturelle, sans flash direct qui écrase les détails.
- Prenez plusieurs clichés : de face, de profil, de dessus si possible.
- Si le moustique est écrasé, la photo reste parfois exploitable par les experts, donc tentez tout de même le cliché.
L'objectif est que l'on distingue clairement les rayures, la ligne blanche du thorax et la taille de l'insecte. Une photo floue ou trop éloignée sera difficile à valider.
Étape 3 : accéder au formulaire de signalement
Rendez-vous sur le formulaire de signalement disponible sur cartemoustiquetigre.fr. Le site est entièrement responsive : il fonctionne aussi bien depuis un smartphone que depuis une tablette ou un ordinateur de bureau.
Vous n'avez pas besoin de créer de compte pour effectuer un signalement. La démarche est anonyme et gratuite.
Les informations à renseigner
Le formulaire vous demandera :
- La date et l'heure de l'observation : essayez d'être précis, car les données temporelles permettent de suivre l'activité saisonnière de l'espèce.
- La localisation : vous pouvez utiliser la géolocalisation automatique de votre appareil ou saisir votre adresse manuellement. La précision à la rue ou au quartier suffit ; l'adresse exacte n'est pas transmise publiquement.
- Le contexte de l'observation : jardin privé, espace public, parc, voie ferrée, parking, intérieur d'un bâtiment... Ces informations aident à comprendre les habitats favorables.
- La photo : importez directement depuis la galerie de votre téléphone ou prenez une photo en temps réel via le formulaire.
- Des précisions optionnelles : présence d'eau stagnante à proximité, nombre d'individus observés, type de piqûre.
Le questionnaire d'identification intégré
Avant de soumettre, trois questions vous sont posées pour confirmer qu'il s'agit bien d'un moustique tigre : la taille (inférieure à 5 mm ?), la coloration (rayures noir et blanc, pas jaune ?) et la présence d'un appareil piqueur visible. Ce filtre simple évite d'inonder la base de données de signalements d'autres insectes.
Étape 4 : que se passe-t-il après votre signalement ?
Une fois votre signalement envoyé, il est automatiquement enregistré dans la base de données nationale gérée par l'ANSES. Un expert entomologiste examine la photo et valide ou invalide l'identification. Si votre signalement est validé, il apparaît sur la carte publique de répartition du moustique tigre.
Dans les zones encore indemnes ou en début de colonisation, un signalement validé peut déclencher la mise en place d'un piège professionnel à proximité pour confirmer l'installation d'une population. Dans les zones déjà colonisées, vos données contribuent au suivi de la densité et de l'activité saisonnière.
Vous pouvez vérifier si votre commune est déjà répertoriée comme colonisée en consultant la carte de recherche par commune.
Signalement depuis une application mobile
Si vous préférez une application dédiée, l'ANSES propose également la plateforme signalement-moustique.anses.fr, qui remplit la même fonction de collecte de données citoyennes. cartemoustiquetigre.fr et ce portail officiel travaillent en complémentarité pour assurer une couverture nationale la plus complète possible.
Que vous utilisiez l'une ou l'autre des plateformes, l'essentiel est de signaler : chaque observation documentée, même dans une commune déjà colonisée, enrichit la compréhension de la dynamique de population de l'espèce.
Conseils pour optimiser vos signalements tout au long de la saison
Le moustique tigre est actif de mai à novembre en France métropolitaine. Quelques bonnes pratiques permettent de contribuer de façon régulière et utile :
- Signalez dès le début de saison (mai-juin) : les premières observations de l'année sont particulièrement précieuses pour détecter l'émergence des nouvelles populations.
- Si vous observez plusieurs individus sur plusieurs jours, effectuez un signalement par observation distincte.
- Notez mentalement le contexte : présence d'eau stagnante à moins de 50 mètres, végétation dense, zone ombragée. Ces éléments peuvent être utiles à renseigner.
- Partagez la démarche autour de vous : vos voisins, votre famille, les membres de votre association de quartier peuvent tous contribuer. Plus les signalements sont nombreux et géographiquement répartis, plus la cartographie est précise.
Pour aller plus loin dans votre compréhension de l'espèce, vous pouvez également consulter notre article sur le cycle de vie d'Aedes albopictus, qui explique pourquoi certaines périodes de l'année sont plus propices à la prolifération.
Questions fréquentes
Faut-il capturer le moustique pour signaler ?
Non, une photo suffit dans la grande majorité des cas. Si vous avez la possibilité de capturer l'insecte vivant ou de le conserver dans un petit flacon après l'avoir tué, cela peut faciliter l'identification par un expert, mais ce n'est pas obligatoire. La photo reste la voie la plus pratique et la plus rapide.
Mon signalement sera-t-il pris en compte si le moustique est écrasé ?
Oui, c'est possible. Une photo d'un moustique écrasé peut être exploitable si les rayures et la morphologie générale restent visibles. Les experts entomologistes de l'ANSES qui valident les signalements ont l'habitude de travailler avec des clichés imparfaits. Tentez la photo plutôt que de ne rien envoyer.
Mon signalement apparaît-il immédiatement sur la carte ?
Pas forcément. Chaque signalement fait l'objet d'une validation par un expert avant publication sur la carte publique. Ce délai, généralement de quelques jours en période de forte activité estivale, garantit la fiabilité des données affichées. Vous recevrez une notification si vous avez fourni une adresse mail lors du signalement.
Puis-je signaler un gîte larvaire (eau stagnante avec larves) sans avoir vu d'adulte ?
Le formulaire de signalement est principalement conçu pour les observations d'adultes. Pour signaler un gîte larvaire suspect (larves visibles dans une soucoupe ou un conteneur), vous pouvez le mentionner dans le champ libre du formulaire ou contacter directement l'opérateur de démoustication de votre département, souvent l'EID (Entente Interdépartementale pour la Démoustication) de votre région.
Que faire si je suis piqué et que je développe des symptômes (fièvre, douleurs, éruption cutanée) ?
Consultez un médecin rapidement et signalez votre voyage récent en zone tropicale si vous en avez effectué un. La dengue, le chikungunya et le Zika provoquent des symptômes grippaux qui apparaissent 4 à 14 jours après la piqûre. Seul un professionnel de santé peut poser un diagnostic : ne vous auto-médiquez pas. Pour les femmes enceintes, le virus Zika justifie un suivi médical spécifique dès l'apparition du moindre signe clinique.
Mon département est déjà colonisé : est-il encore utile de signaler ?
Absolument. Même dans les départements colonisés de longue date, les signalements réguliers permettent de suivre l'évolution de la densité des populations, de détecter des zones de forte concentration et d'orienter les campagnes de sensibilisation et de démoustication ciblées. La surveillance ne s'arrête pas à la première détection : elle se poursuit tout au long de la saison et d'une année sur l'autre.
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