Voyage en Thaïlande et moustique tigre : précautions avant, pendant et après
7 septembre 2026
Chaque année, des centaines de milliers de Français s’envolent vers la Thaïlande, ses plages et ses temples, sans toujours mesurer le risque lié aux moustiques locaux. En 2025, la Thaïlande a enregistré près de 19 500 cas de dengue et 21 décès selon les autorités sanitaires thalandaises, et ces chiffres concernent directement les touristes étrangers. Le moustique tigre (Aedes albopictus), dont la Thaïlande est l’une des terres d’origine, y est présent toute l’année.
Pourquoi la Thaïlande est-elle particulièrement concernée par le moustique tigre ?
Le moustique tigre est originaire des forêts tropicales d’Asie du Sud-Est. En Thaïlande, il cohabite avec l’Aedes aegypti, son cousin plus agressif, tous deux vecteurs de la dengue, du Zika et du chikungunya. La transmission est maximale durant la saison des pluies, de juin à octobre, mais des cas sont signalés toute l’année, y compris dans les zones touristiques les plus fréquentées : Bangkok, Chiang Mai, Phuket et Koh Samui.
Contrairement au moustique anophèle responsable du paludisme, qui pique la nuit, le moustique tigre est actif le jour. Il pique surtout le matin et en fin d’après-midi. Une information essentielle pour adapter votre protection lors des visites, baignades ou randonnées.
Quelles maladies risquez-vous en cas de piqûre en Thaïlande ?
La dengue : la menace principale
La dengue est endémique dans toute la Thaïlande. En 2024, l’Organisation mondiale de la Santé a recensé plus de 14,6 millions de cas dans le monde, un record historique. Les symptômes apparaëlssent 4 à 14 jours après la piqûre : fièvre élevée et soudaine, douleurs musculaires et articulaires intenses, maux de tête, éruption cutanée. Il n’existe pas de traitement spécifique, uniquement des soins de soutien. Dans sa forme sévère, la dengue peut être mortelle.
Le Zika : une vigilance particulière pour les femmes enceintes
Le virus Zika circule à bas bruit en Thaïlande. Chez la majorité des adultes, il provoque des symptômes bénins ou inexistants. Mais pour une femme enceinte, une infection au Zika peut entraîner des malformations graves chez le fœtus, notamment la microcucéphalie. Si vous êtes enceinte ou avez un projet de grossesse, consultez impérativement un médecin ou un centre de vaccination internationale avant de partir.
Le chikungunya : douloureux mais rarement grave
Le chikungunya provoque des douleurs articulaires parfois invalidantes pendant plusieurs semaines. Présent en Thaïlande, il ne doit pas être négligé. Des douleurs persistantes peuvent perturber le retour au travail et la vie quotidienne plusieurs mois après l’infection.
Que faire avant de partir en Thaïlande pour vous protéger ?
Consulter un médecin ou un centre de vaccinations internationales
Au moins 4 à 6 semaines avant votre départ, prenez rendez-vous dans un centre de vaccinations internationales ou chez votre médecin. Il évaluera votre profil (durée du séjour, activités prévues, grossesse éventuelle) et vous conseillera sur les vaccins recommandés pour la Thaïlande, ainsi que sur la chimioprophylaxie antipaludique si vous vous rendez dans des zones à risque (frontières cambodgienne ou birmane).
Choisir le bon répulsif
Tous les répulsifs ne se valent pas. Pour un voyage en zone tropicale comme la Thaïlande, les autorités sanitaires recommandent des produits contenant :
- Du DEET à une concentration de 25 à 30 % (protection longue durée, efficace contre le moustique tigre et Aedes aegypti)
- De l’IR3535 à 35 % (alternative bien tolérée, notamment pour les enfants)
- De la PMD (p-menthane-3,8-diol, aussi appelée Citriodiol), seul actif d’origine naturelle reconnu par les autorités sanitaires comme efficace en zone tropicale
Appliquez le répulsif sur toutes les zones de peau exposée, en respectant la notice, et renouvelez l’application selon la durée de protection indiquée. Si vous utilisez également un écran solaire, appliquez d’abord l’écran, puis le répulsif.
Préparer votre trousse de voyage
Glissez dans votre bagage une moustiquaire imprégnée si vous prévoyez de dormir dans des hébergements rudimentaires, des vêtements couvrants de couleur claire (manches longues, pantalons) pour les heures d’activité des moustiques, et un thermomètre. Une fièvre élevée dans les jours qui suivent un retour de Thaïlande doit toujours alerter.
Comment vous protéger efficacement pendant votre séjour ?
Les bons réflexes au quotidien
Le moustique tigre se reproduit dans de très petites quantités d’eau stagnante : une coupelle, un bouchon, un creux de toit suffisent. Dans votre chambre d’hôtel ou votre bungalow :
- Videz ou retournez tout récipient pouvant contenir de l’eau (vases, soucoupes, seaux)
- Préférez les chambres climatisées ou munies de moustiquaires aux fenêtres
- Utilisez un diffuseur électrique ou un spray insecticide dans la pièce le soir
Les moments et lieux à risque élevé
Soyez particulièrement vigilant en randonnée dans la jungle, autour des points d’eau, dans les marchés extérieurs et dans les quartiers résidentiels. Le matin tôt et l’heure avant le coucher du soleil sont les périodes de piqûres les plus fréquentes pour le moustique tigre.
Que faire en cas de symptômes sur place ?
Si vous ressentez une fièvre soudaine et élevée, des douleurs musculaires ou une éruption cutanée pendant votre séjour, consultez rapidement un médecin ou rendez-vous dans un hôpital. En Thaïlande, les hôpitaux privés des grandes villes (Bangkok Hospital, Bumrungrad, Samitivej) offrent un très bon niveau de soins. Précisez toujours que vous êtes voyageur étranger : un bilan dengue (test NS1 ou sérologie) peut être réalisé rapidement.
Quelles précautions prendre à votre retour en France ?
Surveiller vos symptômes pendant 14 jours
La dengue peut se déclarer jusqu’à 14 jours après une piqûre infectée. À votre retour, restez attentif à tout signe inhabituel : fièvre, fatigue intense, douleurs articulaires, éruption. Si des symptômes apparaissent, consultez un médecin immédiatement et signalez votre retour de zone tropicale. Un test de dépistage rapide est disponible dans la plupart des laboratoires.
Pourquoi votre retour peut impacter la France ?
Depuis 2026, le moustique tigre est implanté dans 83 départements métropolitains français. Si vous revenez infecté par la dengue ou le chikungunya, un moustique tigre local peut vous piquer et transmettre ensuite le virus à d’autres personnes en France. C’est le mécanisme des cas autochtones de dengue, de plus en plus fréquents chaque été en France métropolitaine. En vous faisant dépister et soigner rapidement, vous protégez aussi votre entourage.
Signaler le moustique tigre si vous en observez à votre retour
Si vous observez un moustique aux rayures noires et blanches caractéristiques après votre retour, notamment dans les bagages ou autour de votre domicile, vous pouvez le signaler sur la plateforme officielle de l’Anses : signalement-moustique.anses.fr. Un signalement avec photo suffit pour alerter les autorités locales et déclencher une surveillance.
Questions fréquentes
Le moustique tigre pique-t-il aussi la nuit en Thaïlande ?
Non, le moustique tigre est avant tout diurne. Il est actif principalement le matin, une à deux heures après le lever du soleil, et en fin d’après-midi. En revanche, d’autres espèces de moustiques présentes en Thaïlande, comme l’anophèle vecteur du paludisme, piquent la nuit. Une moustiquaire reste donc utile pour protéger votre sommeil.
Existe-t-il un vaccin contre la dengue recommandé avant un voyage en Thaïlande ?
Un vaccin contre la dengue existe (Dengvaxia), mais il est réservé aux personnes déjà infectées antérieurement par la dengue et âgées de 9 à 45 ans, dans certains pays endémiques. Il n’est pas indiqué pour la grande majorité des voyageurs français. La protection repose avant tout sur la prévention des piqûres (répulsifs, vêtements couvrants).
Peut-on attraper le Zika en Thaïlande et le ramener en France ?
Oui, c’est possible. Le Zika circule à faible niveau en Thaïlande. Si vous êtes infecté et rentrez en France pendant la période d’activité du moustique tigre (mai à novembre), une transmission locale ne peut être exclue. Pour les femmes enceintes ou en projet de grossesse, un dépistage sérologique au retour est fortement conseillé.
Les bracelets anti-moustiques sont-ils suffisants pour la Thaïlande ?
Non. Les bracelets anti-moustiques (généralement à base de citronnelle ou d’huiles essentielles) n’offrent qu’une protection très limitée et ne sont pas reconnus par les autorités sanitaires comme efficaces contre les moustiques vecteurs de maladies tropicales. En Thaïlande, privilégiez un répulsif homologué contenant du DEET, de l’IR3535 ou de la PMD, appliqué directement sur la peau.
Faut-il éviter la Thaïlande pendant la saison des pluies à cause des moustiques ?
Non, il n’est pas nécessaire d’éviter la Thaïlande pendant la saison des pluies (juin à octobre). Le risque de dengue est certes plus élevé à cette période, mais avec les bonnes précautions (répulsif, vêtements couvrants, élimination des eaux stagnantes), le voyage reste parfaitement envisageable. Des millions de touristes visitent la Thaïlande en saison humide chaque année sans contracter de maladie.
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