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Dengue autochtone en Île-de-France : 12 cas en 2026

7 juillet 2026

Douze cas de dengue autochtone, c'est à dire contractés directement en France sans lien avec un voyage à l'étranger, ont été recensés en Île-de-France au cours du premier semestre 2026. Ce chiffre confirme que la région, longtemps davantage concernée par les cas importés que par la transmission locale, fait désormais face à une circulation active du virus sur son propre territoire, portée par la présence installée du moustique tigre.

Une région désormais largement colonisée

Au 1er mai 2026, le moustique tigre (Aedes albopictus) était considéré comme implanté dans 212 communes d'Île-de-France, réparties sur l'ensemble des huit départements de la région. Cela représente environ 12 millions d'habitants potentiellement exposés à la présence de ce moustique, connu pour sa capacité à transmettre la dengue, le chikungunya et, plus rarement, le virus zika. Cette implantation n'est pas propre à la région parisienne : à l'échelle nationale, le moustique tigre est désormais présent dans la grande majorité des départements métropolitains, un signe de sa progression continue vers le nord du pays au fil des étés.

Une surveillance renforcée depuis le 1er mai

Face à cette implantation, l'ARS Île-de-France a lancé le 1er mai 2026 sa campagne de surveillance renforcée, qui se poursuit jusqu'au 30 novembre, période durant laquelle le moustique tigre est actif dans la région. Dans ce cadre, un réseau de 435 pièges pondoirs a été déployé sur les huit départements franciliens. Ces pièges permettent de suivre l'évolution de la population de moustiques tigres tout au long de la saison et de détecter plus tôt une éventuelle intensification locale, avant même qu'un cas humain ne soit signalé.

Cette surveillance entomologique fonctionne en parallèle du signalement des cas humains. Dès qu'un médecin ou un laboratoire détecte un cas de dengue, de chikungunya ou de zika, qu'il soit importé ou suspecté autochtone, il doit le signaler sans délai à l'agence régionale de santé. C'est ce mécanisme de signalement rapide qui permet ensuite de déclencher, si nécessaire, des opérations de démoustication ciblées autour du lieu de résidence de la personne concernée, afin de limiter le risque qu'un moustique local ne pique une personne infectée puis transmette ensuite le virus à d'autres habitants du quartier.

Pourquoi la rapidité de signalement est déterminante

La transmission autochtone ne peut se produire que si un moustique tigre pique d'abord une personne déjà porteuse du virus, généralement une personne revenue d'un pays où la dengue circule, puis pique ensuite une ou plusieurs autres personnes dans son entourage. Plus le délai entre l'apparition des symptômes chez une personne infectée et le signalement à l'agence régionale de santé est court, plus les autorités peuvent intervenir rapidement autour du domicile pour réduire la population de moustiques et casser cette chaîne de transmission avant qu'elle ne s'étende.

C'est précisément sur ce point que subsiste une marge de progression : dans plusieurs cas suivis au niveau national, le délai médian entre l'apparition des premiers symptômes et la notification à l'agence régionale de santé pour les cas importés reste de l'ordre d'une dizaine de jours. Un tel délai laisse davantage de temps à un moustique local pour piquer la personne infectée avant que les mesures de lutte ne soient mises en place, ce qui explique pourquoi les autorités sanitaires insistent sur l'importance de consulter rapidement en cas de fièvre au retour d'un pays à risque.

Le rôle du signalement citoyen

Au delà du suivi médical et entomologique officiel, le signalement citoyen de la présence du moustique tigre reste un complément utile à la surveillance institutionnelle. Chaque signalement transmis par un habitant permet d'affiner la connaissance de la répartition réelle du moustique dans une commune, y compris dans des rues ou des quartiers qui échappent parfois aux pièges officiels. Vous pouvez signaler la présence du moustique tigre si vous en observez un chez vous ou dans votre quartier, avec une photo si possible, afin de contribuer à cette carte collective.

Vous pouvez également consulter la page dédiée à l'Île-de-France pour voir l'état de colonisation par commune dans la région, ou la page moustique tigre en France pour une vue d'ensemble de la progression de l'espèce à l'échelle du pays.

Réduire le risque autour de chez soi

Indépendamment des cas de dengue déjà recensés, la meilleure protection individuelle reste d'éviter que des moustiques tigres ne se reproduisent près de son logement. Le moustique tigre pond ses oeufs dans de très petites quantités d'eau stagnante : une soucoupe de pot de fleurs, un jouet d'enfant laissé dehors, une gouttière bouchée ou un simple bouchon de bouteille suffisent. Vider régulièrement ces petites réserves d'eau, surtout après un orage, reste le geste le plus efficace pour limiter la population locale de moustiques, bien plus qu'un traitement ponctuel après coup.

Pour les gestes de prévention plus larges, notamment en pleine saison estivale où les piqûres sont les plus fréquentes, notre article sur le pic estival du moustique tigre détaille pourquoi la période actuelle correspond justement au moment de plus forte activité de l'espèce. Les personnes revenant d'un séjour dans une zone où la dengue circule activement peuvent aussi consulter notre article sur les précautions à prendre lors d'un voyage dans une zone à risque, dont les principes généraux s'appliquent à la plupart des destinations tropicales concernées.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un cas de dengue autochtone ?

Un cas autochtone est un cas de dengue contracté directement en France, sans voyage récent dans une zone où la maladie circule. Cela signifie qu'un moustique tigre local a piqué une personne infectée revenue de l'étranger, puis a transmis le virus à une autre personne sur place.

Combien de communes d'Île-de-France sont concernées par le moustique tigre ?

Au 1er mai 2026, 212 communes réparties sur les huit départements franciliens étaient considérées comme colonisées par le moustique tigre, exposant environ 12 millions d'habitants à sa présence.

Que fait l'ARS pour surveiller la situation ?

L'ARS Île-de-France a déployé un réseau de 435 pièges pondoirs dans le cadre d'une surveillance renforcée qui s'étend du 1er mai au 30 novembre, période d'activité du moustique tigre dans la région.

Que dois-je faire si je reviens de voyage avec de la fièvre ?

Consultez rapidement un médecin et signalez tout séjour récent dans une zone où la dengue circule. Un diagnostic et un signalement rapides permettent aux autorités sanitaires d'intervenir plus vite autour de votre domicile pour limiter le risque de transmission locale.

Comment puis-je contribuer au suivi du moustique tigre dans ma commune ?

Vous pouvez signaler chaque observation du moustique tigre près de chez vous via notre carte, idéalement avec une photo. Ces signalements citoyens complètent la surveillance entomologique officielle et aident à mieux cerner la répartition réelle de l'espèce.

Vous avez vu un moustique tigre ?

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